ven. 18 juin | Zoom

REPRISE DES ENTRAÎNEMENTS ET DE LA RECHERCHE DE LA COMPAGNIE

Découvrez le programme dans "plus d'informations" (crédit photo: Bruno Geoffroy / Spectacle "être une femme avec lui".
Les inscriptions sont closes
REPRISE DES ENTRAÎNEMENTS ET DE LA RECHERCHE DE LA COMPAGNIE

Heure et lieu

18 juin, 20:00 UTC+3
Zoom

À propos de l'événement

LA COMPAGNIE THÉÂTRE DIONYSOS ET APOLLON VOUS INVITE À REPRENDRE L'ENTRAÎNEMENT ET LA RECHERCHE VENDREDI 18 JUIN, À 20H ATHÉNIENNES

Vous trouverez ci-dessous le code d’accès et les documents que nos amis artistes nous offrent de partager.

Au grand bonheur de vous accueillir (sur réservation à l’adresse newjomontech@yahoo.fr et munis d’un test négatif) en présentiel le 16 juin à 20h athéniennes précises au Lycée franco-hellénique Eugène Delacroix (Athènes) pour la représentation des secondes option théâtre Lysistrata nouvelles technologies ou La Grève du sexe par zoom,.

>> Joëlle Montech vous invite à une réunion Zoom planifiée.

Sujet : SEANCE D'ENTRAINEMENT ET DE RECHERCHE DE LA COMPAGNIE THEATRE DIONYSOS ET APOLLON

Heure: 18 juin 2021 08:00 PM Athènes

Participer à la réunion Zoom

https://us02web.zoom.us/j/81869148098...

ID de réunion: 818 6914 8098

Code secret: THEATRE

Au sujet de l’échange par zoom:

Nous vous attendons à 20h ponctuelles. Nous vous vous serions gré, chers amis,

- de vous assurer que votre nom et prénom vont apparaître au moment de vous connecter,

- de maintenir l’écran allumé, de manière à ce que nous puissions échanger.

- pour respectez les artistes qui partagent avec vous le fruit de leurs recherches, il est préférable de vous retirer un temps, écran fermé, avant de nous revenir encore plus disponibles si vous souhaitez téléphoner ou prendre une collation.

Si vous nous rejoignez pendant la séance, vous serez reçus avec enthousiasme entre deux éléments de notre programme, ce délai permettant de protéger le travail des artistes alors à l’œuvre.

Les dons à l’association pour les artistes et la contribution aux frais de communication et de fonctionnement sont les bienvenus. Contactez Bruno Geoffroy notre trésorier à l’adresse bruno@cairotes.org

>> Programme de la soirée du 17 juin :

a) Accueil des participants, dont Alexis Bocquillon notre stagiaire, en résidence au théâtre Dionysos et Apollon.

b) Échauffement du corps et de la voix, suivi d’une séance d’entraînement de l’acteur pour le zoom, sous la direction de Joëlle Montech.

c) Lecture du script Lysistrata nouvelles technologies ou La Grève du sexe par zoom (réécriture de la comédie d’Aristophane par Joëlle Montech).

d) Éléments de dramaturgie. Premiers éléments de recherche et improvisations sur Lysistrata nouvelles technologies. Propositions concernant le calendrier (à partir du 28 juin et jusqu’au 10 juillet) et la distribution conséquente.

e) (À confirmer) Entraînement de l’acteur quantique, sous la direction d’Alistair Martin.

f) Audition d’extraits de l’entretien avec l’acteur et metteur en scène grec Evdokimos Tsoladikis, dans le cadre de l’émission Voulez-vous!, sur les ondes de Beton 7 web art radio.

Calendrier des événements à venir:

>> Mercredi 16 juin, à 20h, sur réservation à l’adresse newjomontech@yahoo.fr: Première de la pièce des secondes option théâtre Lysistrata nouvelles technologies ou La Grève du sexe par zoom, au Lycée franco-hellénique Eugène Delacroix.

>> 24 juin, à 20h: Célébration du Bicentenaire de la bataille de Carabobo sous l’égide de l’Ambassade du Venezuela en Grèce.

(Date à fixer, dans la semaine du 22 juin) Visite du metteur en scène John Blondel.

(Date à fixer): Concert du groupe Axa en intérieur.

(28 juin au 10 juillet) Travaux de recherche sur la pièce Lysistrata nouvelles technologies, sous la direction de Joëlle Montech.

>> PARTAGE DE RESSOURCES:

Nous serons heureux de prendre vos propositions en considération! (plus facilement si vous voulez bien les envoyer entre le samedi et le mardi précédent la séance.)

BRUNO GEOFFROY PARTAGE LE LIEN VERS LES PHOTOGRAPHIES DU SPECTACLE ÊTRE UNE FEMME AVEC LUI

https://img.gg/bxWFNYF

À l’issue de trois années d’études théâtrales au sein du Lycée Franco-hellénique Eugène Delacroix, les élèves de Terminale Spécialité et Option Théâtre tenaient à recevoir une dernière fois leur public au sein même de leur cher Établissement, plus précisément dans le petit théâtre Épidaure, en plein air à l’ombre des arbres, pour lui offrir une cinquième représentation, celle-ci en pure présence.

Alexandra Grigoriou, Elsa Koutsoukanidis, Orphée Magnifique et Marie Ughetto ont d’abord partagé trois exercices d’entraînement de l’acteur conçus à partir des Inventaires que leur a confiés à cet effet la poétesse Christiane Dimitriadis. Après quoi, ils ont donné trois scènes extraites des comédies de Molière centrées sur la question de l’émancipation des femmes.

Dans le cadre de la séquence Les Femmes dans trois comédies de Molière, le spectacle Être une femme avec lui, qui s’inspire de L’École des femmes, de L’Amour médecin, et du Tartuffe, traite de façon fort plaisante la question du conflit des générations et des sexes et des droits de la femme.

Grâce au talent des comédiens et au génie de Molière, triomphent encore des abus, contraintes et pressions...l’Amour, la Liberté, La Vie, la Rencontre et le Rire.

JOËLLE MONTECH PARTAGE LE LIEN VERS LE STAGE L’ACTEUR ORGANIQUE, SOUS LA DIRECTION DE KATHARINA SEYFERTH, DU 17 AU 22 AOÛT, AU CENTRE INTERNATIONAL LAS TEOULERES (ARMAGNAC)

Las Téoulères

lasteouleres@gmail.com

www.toule.net

L' Acteur organique

>> Du 17 au 22 août

Avec Katharina Seyferth

Une exploration active du corps, de la voix et du mouvement pour les comédiens, les performeurs et pour toutes personnes intéressées par le métier d’acteur.

Le stage vise à dissoudre les conditionnements et les empreintes et à ouvrir l'accès à l'essence.

La sensibilisation du corps, de la voix et de la perception permet de passer d'un comportement quotidien habituel à un processus de travail individuel et créatif.

Grâce à une série d'éléments précisément structurés, qui exigent un engagement psychophysique total, les participants peuvent découvrir leur énergie organique, leur rythme personnel, leurs souvenirs, le flux de leurs pulsations vivantes intérieures et leur voix naturelle.

>> Jour d'arrivée le 16 août. Jour de départ le 23 août.

COSTAS PALAMIDES PARTAGE LE LIVRE TROYANAS NUESTRAS, PUBLIÉ PAR LA COMPAÑIA NACIONAL DE TEATRO DE VENEZUELA

https://drive.google.com/.../1E.../view

Θέατρο Τέχνης

JEAN RIO PARTAGE LE TEXTE LA BATAILLE DU POÈME DE JULIO FAUSTO AGUILERA

Avec un poème,

c’est vrai,

tu ne chasses pas un tyran.

Avec un poème, tu n’apportes ni pain, ni toit,

à l’enfant vagabond,

ni remède au paysan malade.

Surtout tu ne peux pas le faire à l’instant même.

Mais…nous allons voir.

Un poème bien né et vigoureux

et un autre plus enflammé

et un autre plus vigilant

et un autre plus fort et plus véridique

donnent vie

à un rêve qu’ils ont cueilli tout tendre,

et ce rêve de beaucoup d’hommes, une fois nourri,

devient conscience,

et cette conscience, une passion, un désir angoissé…

Jusqu’au jour ou,

tout

– rêve, conscience, désir –

S’organisent, compact…

Et alors

Vient le cri

Et le point

Et la conquête…

Dans l’effigie de la conquête

brille un diadème: le poème.

CHRISTIANE DIMITRIADIS PARTAGE DEUX POÈMES DE JEAN-PIERRE SIMÉON

La Différence

Pour chacun une bouche deux yeux

deux mains et deux jambes

Rien ne ressemble plus à un homme

qu’un autre homme

Alors

entre la bouche qui blesse

et la bouche qui console

entre les yeux qui condamnent

et les yeux qui éclairent

entre les mains qui donnent

et les mains qui dépouillent

entre les pas sans trace

et les pas qui nous guident

où est la différence

la mystérieuse différence ?

Faites confiance.

Il y a quelque part, qui n’attend que vous, le poème de Darwich, de Bashô, de Whitman, de Barnaud, de Villon, de Mandelstam, d’Hikmet, de Prigent, de Hafiz, de Chedid, je ne sais pas …

Mais je sais que ce poème

vous comprendra comme

on vous a rarement compris,

qu’il vous mènera vers les autres,

et désormais

vous ne pourrez plus

vous passer de poésie

qu’un myope de lunettes.

MATHIEU LANÉ MABY (COMPAGNIE LE FIRMAMENT PNEUMATIQUE) PARTAGE SA RÉÉCRITURE DE L’ODYSSÉE

«Ô muse conte-moi l’aventure de l’inventif

Celui qui pilla Troie, qui, pendant des années erra,

Voyant beaucoup de villes, découvrant beaucoup d’usages,

Souffrant beaucoup d’angoisses dans son âme sur la mer

Pour défendre sa vie et celle de ses marins

Sans en pouvoir pourtant en sauver un seul.

A nous aussi fille de Zeus, conte un peu ces exploits ! »

Quand tous ceux qui étaient restés vivants sur les champs de bataille

Devant les murs de la plaine de Troie

Avaient de nouveau songé à rentrer chez eux

Couverts d’or et de renom glorieux,

Seul Ulysse, l’ingénieux Ulysse, l’homme aux mille ruses, l’inventeur du Cheval,

Dans le ventre duquel s’étaient cachés les Grecs, armés de lances et de boucliers,

Ce qui devait permettre aux Grecs d’être victorieux après dix ans de combats furieux,

Seul Ulysse pleurait le souvenir de sa femme, la très sage Pénélope,

Et les rochers de son île, Ithaque aux belles eaux, dont il était le roi.

Il était retenu prisonnier depuis sept ans

Par Calypso, royale nymphe, qui brûlait d’en faire son époux.

Profitant de l’absence de Poséidon

Dont la haine, toujours, le pourchassait

Les dieux de l’Olympe

Réunis autour du premier d’entre eux

Zeus, le Porte-Egide, ordonnèrent à Calypso de le libérer

De lui fournir un radeau, des vivres

Afin que finissent ses épreuves

Qu’il retourne enfin dans son pays,

Que dans les bras de Pénélope

La vieillesse le prenne et que finisse sa vie plus doucement.

Nous ne parlerons pas de Télémaque

Pleurant chaque nuit l’absence de ce père qu’il n’avait connu

Que dans sa jeunesse, encore tout jeune,

Désespéré de voir sa maison envahie

Par une foule de jeunes hommes, des prétendants,

Qui faisaient leur cour à sa mère, Pénélope, la très sage.

Ceux-là lui disaient :

« Pénélope, fille d’Icare, ton époux ne reviendra pas. Ulysse est mort.

Tu dois choisir parmi nous celui qui le remplacera

Encore que cela soit impossible.

Sinon, tu devras souffrir de nous voir manger

Chaque jour, tes plus beaux cochons, tes bœufs les plus vigoureux

Vider les amphores pleines de vin doux comme le miel,

Pareil au nectar dont s’abreuvent les dieux.

En un mot, te déposséder de tous tes biens »

Pénélope, aux mille ruses, digne femme d’Ulysse,

Avait imaginé de tisser une toile

Et de leur donner réponse

Lorsque celle-ci serait achevée.

« Je choisirai l’un d’entre vous

Quand ma toile sera finie. »

Mais elle voulait tromper leur patience

Et sans la traitrise d’une de ses servantes

La ruse aurait réussi.

En effet, chaque nuit, elle défaisait le travail de toile

Qu’elle avait accompli pendant le jour

Afin de tromper la patience de la grande foule des prétendants

Qui mangeaient tous ses biens.

Nous ne parlerons pas de Télémaque

Parti sur les conseils d’Athéna,

Fille de Zeus, grande guerrière,

Interroger les compagnons d’Ulysse qui, eux, étaient rentrés dans leur patrie,

Afin de savoir par leur bouche les nouvelles qu’ils avaient de son père,

Parti depuis longtemps sur ses bateaux creux.

Ils n’en avaient pas à lui donner.

Ulysse donc fut libéré par Calypso,

Malgré ses plaintes,

Lui donna un radeau, des vivres

Malgré ses plaintes,

Insulta les dieux jaloux de la priver

De cet homme dont elle brûlait d’en faire l’époux.

Mais quand il fut à nouveau sur la mer poissonneuse

Et qu’il se réjouit de retrouver sa femme et son fils

Poséidon, l’Ebranleur de la terre, l’aperçut et déclencha une tempête

Qui détruisit son embarcation.

Il fut sauvé par Ino, une nymphe, de justesse

Qui le couvrit d’un voile, l’empêchant de se noyer.

Il arriva, le corps abîmé par les épreuves,

Accablé de fatigue et de sommeil

Sur les rivages d’une île que les hommes appellent « Phéacie »

« Hélas ! se dit-il, en quelle terre ai-je donc échoué ?

Vais-je trouver des brutes qui refusent l’hospitalité aux étrangers

Ou des hommes qui craignent les dieux et les protègent de l’adversité ? »

Cependant, Nausicaa, la fille du roi de Phéacie, à la suite d’un rêve

Que lui avait inspiré Pallas Athéna, fille de Zeus,

Etait partie laver son linge

Non loin de l’endroit où Ulysse gisait, nu, à l’ombre des oliviers.

Quand elle l’aperçut, elle couvrit son corps

D’un voile et lui tînt ces propos ailés

« Etranger, je vois que tu as souffert

Sur la mer de terribles épreuves.

Viens chez moi, mon père, Alcinoos, roi de Phéacie,

T’accueillera, te donnera à manger et à boire

Te donnera des vêtements

Comme à tous ceux qui ont souffert

Car Zeus veut que nous accueillions les étrangers comme nos frères. »

A ce discours, Ulysse sentit l’espoir bondir dans son cœur.

Quand il eût pénétré à l’intérieur du palais,

Ulysse, après avoir contemplé les gouverneurs et les conseillers,

Se dirigea promptement vers Arété, l’épouse d’Alcinoos, seigneur de ce pays.

Il mit ses bras autour de ses genoux

Et lui dit, pleurant chaudement

« Fille de Réxénor, ô Arété,

Je viens à ton époux, à tes genoux, homme meurtri :

Puissent les dieux donner le bonheur

A tous ceux que tu aimes tant qu’ils vivront.

Mais pour moi, sans retard, aide-moi à rentrer dans ma patrie

J’ai trop longtemps souffert loin des miens »

Là-dessus, il s’assit dans le foyer, sur la cendre.

Tous restaient dans le silence, sans rien dire.

Enfin, Echénéos, le plus âgé des Phéaciens prit la parole

« Il n’est pas bon et cela ne te va pas, Alcinoos, de laisser cet homme

Assis par terre, dans la cendre.

Allons, fais-le asseoir et, pour remercier Zeus, le porte-égide,

Qui protège les suppliants, improvise un repas. »

Quand il eut entendu ces paroles,

Alcinoos vint prendre la main d’Ulysse

Et l’installa dans le siège brillant

Que son fils, le vaillant Laodamas, occupait.

Alors, Ulysse, l’endurant, mangea et but

Tant que son ventre lui eut permis.

Et quand son avidité fut calmée

Alcinoos déclara

« Ecoutez, gouverneurs de Phéacie, ce que le cœur m’enjoint dans la poitrine :

Demain nous songerons au moyen de son retour. »

Puis se tournant vers Ulysse

« A te voir, je devine que tu n’es pas un homme ordinaire

Serais-tu l’un de ces dieux immortels qui parfois nous rendent visite ? »

L’ingénieux Ulysse lui répondit

« Renonce Alcinoos à cette idée, je ne ressemble

En rien aux immortels : je ne suis qu’un mortel,

L’homme le plus chargé de misère que vous sachiez »

Et retenant ses larmes

Il lui tint ces propos ailés :

« Ô Alcinoos, roi, orgueil de tout ce peuple,

Je suis Ulysse, fils de Laërte,

Dont la ruse est connue de tous.

J’habite dans la claire Ithaque que les montagnes dominent.

C’est une île rocheuse, où naissent de féroces guerriers,

Et moi, je ne connais rien de plus beau que cette terre.

Je fus retenu sept ans

Sur l’île d’Ogygie,

Auprès de Calypso,

Royale nymphe, qui brûlait de m’avoir pour époux.

Mais Zeus ne voulut pas que je souffre loin des miens éternellement

Et lui ordonna de me donner un radeau, des vivres

Afin que je retrouve ma patrie et mes parents. »

Arété, aux bras blancs, prit la parole et lui adressa ces paroles ailées

« D’où viens-tu, ô étranger, noble Ulysse, ne disais-tu pas

Que c’est la mer qui t’entraîna ici ? »

Ulysse répondit :

« J’aurais du mal, ô noble reine à te raconter tous les soucis

Qui m’ont accablé depuis que les Grecs,

Couverts d’or et de renom glorieux,

Quittant la plaine de Troie encore fumante

Hissèrent les voiles de leurs bateaux creux

Pour retrouver la chaleur de leur foyer.

Je fis comme eux, avec mes marins et mes navires,

Et nous nous réjouissions enfin de retrouver notre patrie et nos parents.

Loin de Troie, le vent nous entraina chez les Cicones.

Je pillai leur ville, Ismaros, et massacrai ses défenseurs.

Les survivants allèrent chercher de l’aide chez leurs voisins

Qui arrivèrent en grand nombre.

Le combat fut âpre et les Cicones, vainqueurs, ne purent nous empêcher de fuir

Sur nos bateaux creux, heureux d’être vivants mais pleurant nos compagnons morts.

Puis nous passâmes bientôt près d’un pays peuplé de hors-la-loi,

Les Cyclopes.

Ce sont des géants dont l’œil unique est placé au milieu du front.

Ils vivent sur une île bénie des dieux, sur laquelle tout pousse sans labours et sans ni semailles

Mais qui donnent pourtant de splendides récoltes.

Dans les montagnes, les chèvres sauvages y vivent en grand nombre.

Je décidai, suivi de quelques-uns de mes marins,

D’aller explorer l’île

Et de recevoir de la part de ses habitants

Un cadeau

Comme on doit en faire aux étrangers.

Hélas pour moi, et pour tous ceux qui périrent

Dans cette aventure !

Nous arrivâmes à l’entrée d’une de ces grottes

Où l’un de ces Cyclopes vivait, à l’écart des autres.

C’était un monstre gigantesque.

Il était parti mener son troupeau de chèvres dans les prairies.

De lourds fromages séchaient sur des étagères.

Mes compagnons me pressèrent de les voler

Et de regagner la mer poissonneuse.

Mais je ne cédai pas

Car je voulais voir quels cadeaux il me ferait.

Hélas ! Nous devions tous le regretter !

Quand le Cyclope arriva, faisant passer son troupeau de chèvres bien grasses devant lui

Pour les traire,

Je m’avançai, effrayé par sa haute taille,

Et lui réclamai le cadeau que l’on doit faire aux étrangers

Selon la coutume,

Mais il me répondit :

« Est-ce que vous êtes fous ? Ou sot pour croire

Que je crains les dieux et leurs lois idiotes ?

Nous sommes les Cyclopes, nous sommes les plus forts,

Ne nous craignons pas les dieux »

Sa voix profonde nous remplit de terreur.

Alors, après avoir fermé l’entrée de sa grotte d’une pierre si lourde

Que vingt hommes n’auraient pu bouger

Il étendit sa main sur mes hommes,

Il en prit deux, les assomma sur le sol comme on fait avec les poissons pour les étourdir

Et en fit son souper,

Malgré nos plaintes, nos pleurs et les prières que nous adressâmes à Zeus.

Et nous passâmes cette première nuit dans une terreur indescriptible.

Quand parut la fille du matin, l’aube aux doigts de rose,

Le cyclope déplaça la lourde porte de pierre, sortit de la grotte

Afin de mener ses chèvres aux herbages.

Puis il remit la pierre en place, nous plongeant dans une affreuse obscurité.

Il nous laissa ainsi jusqu’au soir.

Entre temps, mon cœur ingénieux avait formé la ruse que voici :

J’avais apporté avec moi du vin noir si fort

Qu’il faut le diluer vingt fois

Je lui en offris comme il revint le soir

Après avoir mangé

Pour son souper deux autres de mes marins.

Je lui tins ces propos pleins de fureur

« Tiens, Cyclope, bois ce vin pour arroser les chairs humaines.

C’était le cadeau que je voulais te faire

Mais ta rage dépasse les bornes »

Alors, le fou, vida la jatte que je lui tendais

Le doux nectar le ravit à tel point qu’il m’en redemanda

« Sois gentil, donne-m’en encore, et puis dis-moi ton nom

Tout de suite, que je te fasse un cadeau qui te plaise ! »

Ainsi dit-il, trois fois je lui en servis et trois fois l’imprudent le but

Puis, quand le vin eut embrumé ses esprits

Je lui soufflai

« Cyclope, tu veux connaître mon nom. Je te le dirai : je m’appelle Personne

Et Personne est le nom que mes parents m’ont donné »

Alors, il me répondit d’un cœur cruel

« Eh bien, Personne, je te mangerai le dernier.

Tel est le cadeau que je te fais »

Puis, il tomba en arrière, pris par le profond sommeil

Que le vin lui avait inspiré.

Alors, ranimant le courage dans le cœur de mes hommes,

Je saisis le gourdin du cyclope, le taillai pour en faire un pieu

Et aidé par trois de mes compagnons, je le plantai dans son œil unique.

Il poussa de tel rugissement que la roche de la grotte en frémit.

Les Cyclopes qui habitaient dans les grottes des alentours accoururent

Et lui dirent

« Qu’il y a-t-il, Polyphème, pour que tu cris ainsi et nous empêche de dormir ?

Serait-ce qu’on te tue par la ruse ou par la force ? »

Alors, le grand Polyphème répondit du fond de sa grotte

« Qui me tue ? Personne »

Ce qu’entendant, les autres répondirent

« Si Personne ne te tue, alors c’est que tu es fou, implore

Ton père, Poséidon, l’Ebranleur de la terre ».

Puis ils s’éloignèrent et mon âme riait de les voir trompés par ma ruse.

Le Cyclope, en tâtonnant, déplaça le bloc de pierre qui bouchait l’entrée de la grotte.

Il s’assit devant en écartant les bras pour nous prendre si nous sortions parmi les bêtes.

Mais voici la ruse que mon cœur jugea la plus sage afin d’échapper à la douloureuse mort.

Il avait des béliers, bien nourris, de grande taille,

Je décidai de les lier ensemble, trois par trois,

Chaque homme s’agrippant au poitrail de celui du milieu.

Le cyclope tâta le dos de chaque bête mais, le sot ne put révéler la supercherie.

Quant à moi, je m’accrochai à la laine du plus fort d’entre eux.

Quand mon bélier passa devant Polyphème ce dernier lui dit

Le cœur plein de larmes

« Doux bélier, te voici le dernier alors que tu étais le premier jusqu’ici

A sortir dans les fleurs des prairies. Pleurerais-tu l’œil de ton maître ?

Un scélérat l’a crevé ! Ah ! Si tu pouvais me dire où il se cache ! »

Cependant, il poussa le bélier vers la sortie.

Quand nous fûmes bien éloignés de sa grotte, hors de danger,

Nous nous détachâmes afin de rejoindre nos navires.

Une fois revenus sur la mer grise, battant les vagues de nos rames ;

Je lui lançai plein d’orgueil :

« Ce n’est pas un lâche, Polyphème qui t’a privé de ton œil.

Si jamais on t’interroge sur celui qui t’a ainsi meurtri

Réponds : c’est Ulysse, fléau des villes, fils de Laërte, roi d’Ithaque »

Polyphème en réponse lança un rocher dans notre direction

Et s’écria :

« Hélas ! Voilà, les vieilles prédictions qui se réalisent !

Il y a longtemps de ça Télémos, fils d’Eurymos, excellent devin, m’avertit, qu’un jour Ulysse me priverait de la vue…

Mais reviens, ami, que je te fasse ton cadeau… »

Puis, il se tourna et implora Poséidon

« Ecoute Poséidon aux cheveux bleus, Ebranleur de la Terre,

S’il est vrai que je suis ton fils

Empêche cet Ulysse, Fléau des villes, de rentrer chez lui.

Mais si son sort est de revoir sa patrie

Que ce soit après bien des maux, seul, tous ses compagnons morts, sur un vaisseau d’emprunt

Pour trouver chez lui d’autres peines »

Hélas, Poséidon devait l’entendre ! Sa prière fut exaucée !

Et ainsi commença ma triste aventure qui devait me tenir éloigné des miens

Si longtemps !!

Nous atteignîmes l’île d’Eolie où demeure Eole, aimé des immortels.

L’île flottait au milieu des nuages.

Eole vivait là avec ses six filles et ses six fils, dans ce palais,

Où tous les jours ils festoient.

Il m’interrogea sur nos aventures, sur Troie, et me fêta tout un mois durant.

Quand je voulus partir, il organisa mon retour

Et m’offrit une outre qui contenait tous les vents que le monde porte dans ses flancs.

Il pouvait les déchaîner ou les calmer,

Car le fils de Cronos, l’avait créé gardien des vents.

Nous naviguâmes neuf jours,

Le dixième jour nous apercevions déjà s’élever les feux des hommes

Et chacun se réjouissait de revoir sa femme et ses enfants

Mais la sottise et la convoitise de mes hommes nous perdirent.

Ils parlaient entre eux, alors que j’étais au gouvernail, épuisé,

Et s’emportaient contre le cadeau que Eole m’avait fait.

Profitant d’un moment où je fermais les yeux

Ils dirent

« Ouvrons cette outre et voyons un peu le trésor qui s’y cache »

Ainsi de dire, ainsi de faire.

Ils défirent le cordon d’argent qui enserrait l’outre

Et tous les vents sautèrent dehors,

L’ouragan nous rejeta au large.

Les vents maudits nous ramenaient à l’île d’Eole,

Et mes compagnons gémissaient.

Nous fîmes provisions d’eau

Et j’arrivai devant le palais d’Eole où Eole et ses enfants festoyaient.

Quand ils me virent, ils me demandèrent :

« D’où viens-tu Ulysse ? Et quel dieu t’a persécuté ? »

Je répondis

« La sottise de mes hommes nous a perdus.

Mes amis, secourez-moi si vous le pouvez »

Ils se turent puis Eole prit la parole

« Va-t’en maudit, au plus vite, rebut des vivants,

Je ne peux aider un homme pourchassé par la haine

Des immortels bienheureux. »

Nous reprîmes alors la mer avec tristesse.

Le septième jour nous vîmes la citadelle de Lamos

Où vivaient les Lestrygons, plus proches des géants que des hommes.

Ils nous criblèrent de blocs de roches.

Je pressai mes hommes de frapper la mer grise de toute la force de leurs rames

Afin d’éviter le désastre.

Nous nous éloignâmes

Tandis que tous les autres bateaux sombraient.

Heureux d’être vivants mais pleurant nos compagnons morts

Nous atteignîmes l’île d’Aiaié

Où demeurait Circé aux beaux cheveux, la terrible déesse à voix humaine.

J’envoyais Euryloque, mon fidèle lieutenant, escorté par vingt-deux de nos compagnons explorer l’île.

Il revint, seul, le cœur frappé de désespoir.

Il nous conta la perte de nos compagnons. Il dit :

« Nous trouvâmes, dans un vallon, un beau palais.

Là se dressait une femme qui chantait d’une voix claire.

Nous l’appelâmes à grands cris,

Elle nous vit, nous fit signe de la rejoindre.

Moi seul restai en arrière, flairant quelque traitrise.

Elle conduisit nos compagnons dans une grande salle

Où elle leur servit du vin mêlé à du miel y ajoutant un philtre qui devait les perdre.

Quand ils vidèrent la coupe, Circé les frappa d’un coup de baguette

Et aussitôt, je vis nos compagnons se transformer en cochons.

Ils en avaient les groins, les soies, l’allure enfin.

Tous larmoyaient se voyant ainsi changés car ils n’avaient point oublié leur patrie.

Puis Circé les enferma dans des enclos où elle leur jeta des glands. »

A ce récit, je jetai sur mon épaule mon grand glaive et partis seul.

J’atteignis le vallon où se dressait le palais.

Hermès à la baguette d’or, sous les traits d’un jeune homme,

Vint au-devant de moi.

« Où vas-tu, Ulysse, me dit-il, seul parmi ces collines ?

Tes compagnons sont chez Circé parqués comme des porcs.

Viens-tu les délivrer ? Tu ne le pourras !

Mais je veux te tirer de peine et te sauver.

Tiens ! Prends cette bonne herbe.

Circé te fera une boisson, elle y jettera une drogue

Mais elle ne pourra pas t’ensorceler car la bonne herbe l’empêchera.

Je te dis tout : lorsque Circé t’aura touché de sa longue baguette

Alors tire le glaive de ta cuisse, saute sur elle ainsi que pour donner la mort.

Elle, en tremblant de peur, t’offrira de la rejoindre dans son lit.

Alors, tu la prieras de jurer le serment majeur des dieux

Qu’elle n’a pas d’autres projets qui pourraient te nuire. »

Après avoir ainsi parlé, Hermès, l’Eblouissant, me donna la bonne herbe

Et rejoignit l’Olympe.

J’arrivai alors devant le palais de Circé

J’appelai, la déesse entendit ma voix et m’invita à la suivre.

Elle prépara son mélange et jeta la drogue dedans.

Je vidai la coupe qu’elle me tendit, sans résultat.

Puis, me frappant de sa baguette, elle me dit :

« Allons, à la porcherie ! Va retrouver tes compagnons »

Mais moi, tirant mon glaive de ma cuisse

Je sautai sur Circé comme pour la tuer.

Tout en gémissant, elle me dit ces paroles ailées :

« Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Quels sont tes parents et ta ville ?

Je m’étonne que tu n’aies point été ensorcelé.

Tu dois être Ulysse dont Hermès l’Eblouissant m’annonçait la venue.

Allons, rengaine ton épée et rejoins-moi dans le lit. »

A ces mots, je lui répondis :

« Circé, comment peux-tu faire appel à ma tendresse

Alors que tu as transformé mes hommes en cochons ?

Jure par le serment majeur des dieux

Que tu n’as pas d’autre dessein de me nuire »

Quand elle eut prononcé le serment

Je la suivis mais mon cœur toujours était lourd de tristesse

Pensant à mes compagnons parqués dans les enclos.

Elle me demanda :

« D’où te vient Ulysse cette mélancolie que je lis sur ton visage ?»

En réponse, je lui tins ces propos ailés :

« Ô Circé, quel homme n’éprouverait pas de peine

Voyant ses compagnons enfermés dans des enclos

Comme des porcs ? »

A ces mots, elle fit sortir mes gens de l’étable

Les enduisit chacun d’une autre drogue.

Aussitôt, ils redevinrent des mortels, plus jeunes, plus beaux, plus grands qu’ils ne l’étaient.

Chacun me reconnut et laissait s’écouler les pleurs hors de sa poitrine.

Circé même s’attendrissait

Puis elle me dit :

« Ulysse, va rejoindre tes fidèle compagnons restés près de ton navire,

Et ramène-les. »

Ce que je fis malgré les craintes qu’ils en eurent.

Quand nous fûmes tous réunis dans la belle demeure de Circé

Celle-ci nous tint ces paroles ailées :

« Je sais moi aussi quels tourments vous avez subi sur la mer grise.

Allons ! Mangez ce pain, buvez ce vin

Jusqu’à ce que votre cœur s’apaise. »

Quand finit l’année et que le printemps revint

Je trouvai Circé et lui dit

« Circé, accomplis la promesse que tu me fis :

Aide-moi à rentrer parmi les miens.»

Circé la merveilleuse aussitôt répondit :

« Il te faudra, Ulysse, entreprendre un autre voyage vers la maison d’Hadès, souverain des morts

Afin d’y consulter l’âme du divin Tirésias.

Lui seul te dira le chemin pour revenir chez toi. »

En l’écoutant, je sentais mon cœur éclater dans ma poitrine.

Je m’écriai dans un sanglot :

« Nul vaisseau n’est encore parvenu chez Hadès ! Comment y parviendrai-je ? »

Circé me décrivit le chemin pour accéder au royaume souterrain.

Puis elle me fit des recommandations afin d’apaiser l’âme des morts et interroger Tirésias.

Elle dit ( ?) et quand l’aube dans sa robe d’or apparut

Nous hissâmes la voile le cœur lourd et parvînmes aux confins de l’océan

Où Hadès et la grande Perséphone avaient leur demeure.

Je fis les libations et les offrandes aux morts tels que m’avait recommandé Circé,

Avec le lait mélangé de miel et de vin doux

Puis l’eau puis la farine blanche.

J’implorai longuement les corps sans force des morts

En leur promettant, si je rentrais, de leur sacrifier une génisse

Et au seul divin Tirésias, un bélier noir et sans tâche.

Aussitôt les âmes des trépassés affluèrent,

Avec d’étranges cris. La peur me gagnait.

Mais, je tirai mon glaive de ma cuisse empêchant les morts d’approcher

Avant que n’eût parlé Tirésias de Thèbes.

Enfin, il parut, portant un sceptre d’or.

Il me reconnut et me dit :

« Tu désires retourner dans ta patrie, Ulysse,

Mais Poséidon t’en veut encore d’avoir aveuglé son fils, le Cyclope Polyphème.

Vous pourrez revenir chez vous sains et saufs, si vous ne touchez aux vaches et aux moutons du dieu soleil qui paissent à l’île du Trident.

Mais si vous y touchez, je peux te garantir la perte de ton navire et de tes compagnons ;

Toi, seul, reverra Ithaque, sur un vaisseau d’emprunt, après avoir beaucoup souffert

Pour trouver chez toi d’autres peines. »

Ainsi dit-il et s’en retourna dans les profondeurs froides.

Aussitôt l’âme des morts vint à moi

Et je vis ma mère,

Qui raconta en pleurant tout le mal que les prétendants faisaient chez moi,

Insultant mon trône de la cour assidue qu’ils faisaient auprès de Pénélope,

Arriva ensuite l’âme de mes compagnons

Achille, le plus grand de nous tous,

Agamemnon, roi de tous les Achéens, qui devait mourir sous les coups d’Egisthe

A peine rentré chez lui de Troie,

Aidé en cela par sa propre femme, Clytemnestre

Ajax, dont la rancune à mon égard se poursuivait jusque dans l’antre des morts

Le puissant Héraclès, qui me plaignit de me voir ainsi loin de chez moi

Et puis Sisyphe, Minos, Orion et tant d’autres qui vivaient loin de la chaleur du soleil.

Les morts s’entassaient devant moi avec d’étranges cris et je pris peur.

Je me hâtai de rentrer au bateau et nous levâmes l’ancre afin de rentrer à l’île d’Aiaié

Où vivait Circé, aux beaux cheveux, la terrible déesse à voix humaine.

Elle m’interrogea longuement sur mon voyage.

Je lui contai tout, point par point

Puis Circé la merveilleuse m’adressa ces paroles ailées

« Voici donc une chose de faite. Ecoute maintenant ce que je dis :

D’abord, tu croiseras les Sirènes dont le chant ensorceleur te mènera, si tu l’écoutes, à ta perte, comme tant d’autres avant toi. Elles se repaissent de la chair des marins noyés.

Puis, lorsque tu les auras dépassées, tu trouveras devant toi deux écueils, deux montagnes.

Dans la première demeure Scylla, la terrible aboyeuse.

Elle a six têtes avec trois rangées de dents. Quiconque passe dans son parage,

Elle l’attrape et le broie. Nul marin ne peut se vanter d’être passé là sans dommage.

Dans la deuxième vit la divine Charybde.

Elle engloutit l’eau noire trois fois par jour et la vomit trois fois.

Passe plutôt le long de Scylla car mieux vaut perdre six marins qu’un équipage entier. »

Je retournai au bateau et quand le vent eut gonflé les voiles

J’informai mes compagnons des paroles de Circé.

Cependant, notre barque robuste arriva à l’île des Sirènes.

Je modelai dans mes puissantes mains de la cire pour boucher les oreilles de mes compagnons

Et je leur dis :

« Amis, moi seul peux entendre leur chant. Mais liez-moi avec de gros cordages

Au mât du navire afin que leur voix ne m’entraîne dans une affreuse mort.

Et si je vous ordonne de me détacher, au contraire, redoublez les liens. »

Les sirènes arrivèrent et de leurs belles voix me flattaient

« Viens Ulysse, gloire éternelle de la Grèce, écoute notre voix. »

Elles dirent et je priai mes gens, sur un geste, d’ôter mes liens.

Car j’avais envie de les entendre.

Aussitôt, Euryloque se leva et multiplia les nœuds.

Quand nous eûmes dépassé l’île des Sirènes,

Et que leurs voix eurent cessé

Mes compagnons ôtèrent la cire de leurs oreilles et je fus libéré.

Puis aussitôt nous arrivâmes à proximité des montagnes

Où vivaient Charybde et Scylla.

La peur verte prit mes gens ;

De terribles remous remplissaient les vagues.

Et je dis au timonier :

« Ecoute mes paroles ou nous allons périr :

Dirige-toi loin de ces vagues de peur que Charybde nous engloutisse,

Préfère ce rocher, car mieux vaut perdre six marins qu’un équipage entier. »

Ce qu’il fit et sans que l’on pût se défendre, Scylla, de ses horribles gueules,

Ravis six de nos compagnons.

Quand nous eûmes fui les écueils effrayants,

Se dressa devant nous l’île du dieu soleil où paissaient tranquillement vaches et moutons.

Je mis en garde mes hommes et leur rappelai la prédiction du divin Tirésias

Qui nous interdisait d’y toucher sous peine de ne jamais revoir notre patrie.

Ils jurèrent.

Nous abordâmes l’île le cœur méfiant, pensant rembarquer à l’aube du jour suivant.

Mais Zeus nous retint. Il recouvrit l’île de vents violents, de bourrasques inouïes.

Je rappelai à mes hommes la promesse de ne pas toucher au troupeau du dieu soleil.

Ils la tinrent tant que les vivres du navire suffisaient.

Mais au bout d’un mois, il n’en restait plus rien.

Et mes hommes oubliant toute prudence,

Profitant un jour de mon absence,

Assassinèrent les vaches et les moutons afin d’en faire un somptueux festin.

Mais à peine, le repas consommé, les squelettes des animaux sacrifiés

Se levèrent et marchèrent en beuglant.

Le cœur plein d’effroi, nous reprîmes la voile.

Mais le dieu soleil alla se plaindre à Zeus du massacre

Et lui tint ces propos pleins de fureur :

« Zeus, punis Ulysse et ses compagnons de l’outrage qu’ils m’ont fait !

Sinon, je descendrai chez Hadès et cesserai d’inonder la terre de mes rayons »

Zeus se rendit et cribla notre navire d’éclairs.

Le navire sombra et tous mes compagnons périrent noyés.

Moi, je m’accrochai fortement à la quille et les vents de mort m’emportèrent.

Dès lors, je dérivai pendant neuf jours

Et j’abordai, rampant sur les vagues, à l’île d’Ogygie

Où Calypso, la redoutable à voix humaine,

Devait me retenir captif de son amour pendant sept ans.

Mais je suis las de raconter ce que j’ai déjà dit…

Tiens ta promesse, puissant Alcinoos, roi, orgueil de tout ce peuple

Et, sans retard, aide-moi à rentrer dans ma patrie car j’ai trop longtemps souffert loin des miens.

A ce récit, tous restèrent sans parler dans le silence.

Mais Alcinoos le rompit et dit :

« Nous allons tenir notre promesse, Ulysse, gloire éternelle de la Grèce :

Nous te ramènerons chez toi. Chargé de tous les présents que nous voulons t’offrir. »

Ainsi, Ulysse revint à Ithaque chargé d’or et de présents somptueux

Sur un bateau d’emprunt après avoir beaucoup souffert d’angoisses dans son âme

Sur la mer pour défendre sa vie et celle de ses marins.

Sans en pouvoir pourtant sauver un seul.

Il devait trouver de nouvelles peines, jusque dans son palais :

Les prétendants qui pressaient Pénélope de se remarier avec l’un d’entre eux

Et mangeaient tous ses biens.

Il les massacra avec les bras puissants de Télémaque, son fils et d’Eumée le divin porcher.

Mais cela est une autre histoire.

**PHOTOGRAPHIE D'ORPHEE ET MARIE  PRISE PAR BRUNO GEOFFROY : SPECTACLE ETRE UNE FEMME AVEC LUI

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